Publié dans 14-15-16/20, Années 2010, contemporain, David Vann, Roman noir

Aquarium – David Vann

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Auteur : David Vann
Titre : Aquarium
Date : Octobre 2016
Pages : 280
Traduction : Laura Derajinski (américain)
Éditions : Éditions Gallmeister (Nature Writing)

Résumé

Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.

Mon avis

Ce livre de moins de 300 pages arbore depuis quelques semaines le haut de ma PAL. Je n’étais pas en panne de lecture, mais plutôt traversant une période professionnelle chargée.
Je viens de le terminer. Globalement, j’ai aimé et j’aimerais lire un autre livre de David Vann si l’occasion se présentait, bien sûr.
David Vann nous raconte l’histoire d’une famille monoparentale (Sheri, la trentaine et sa fille Caitlin, 12 ans) qui (sur)vivent à Seattle, la fille allant à l’école et la mère travaillant des heures durant dans la zone industrialo-portuaire de la ville de l’état de Washington. La fille traîne des heures à l’aquarium après l’école et y rencontre un homme, plutôt âgé.

Bon, mon esprit noir (merci lectures) fait déjà une liste des possibilités : Vieux pervers ? Pédophile ? Ichtyophile (je vous laisse chercher)?
Non. David Vann nous offre une solution plus facile. Bon, je m’ennuie un peu.
Puis, la petite Caitlin commence à désobéir à sa mère, tombe amoureuse de sa copine de classe, est de plus en plus proche du vieil homme. On commence à sentir le coup tordu arriver… Yes !
Le coup tordu arrive au moment où Sheri apprend l’existence du vieil homme mystérieux de l’aquarium et dévoile à sa fille le secret qu’elle garde précieusement depuis dix neuf ans. Arrive alors une cinquantaine de pages d’une violence absolue.

– Spoiler alert –

Sheri ne souhaite pas que Caitlin se rapproche de son grand-père (basique n’est-ce pas?) car il l’a abandonnée alors qu’elle avait 14 ans et qu’elle devait s’occuper de sa mère souffrant d’une maladie incurable. Caitlin ne comprend pas la réticence de sa mère, elle veut vivre avec son grand-père. Sheri devient alors folle furieuse, très violente et décide de faire vivre à sa fille ce qu’elle a vécu. La mère se déshabille et se laisse tomber au sol. Elle fait vivre l’enfer à sa fille : besoins quotidiens, bains, changements des draps après multiples accidents, nourriture à préparer, ménage… Brrr, les descriptions font froids dans le dos…

À partir de ce moment-là, j’adore (parce que j’aime bien les romans noirs tout simplement) et j’imagine la suite avec envie. La mère va-t-elle tuer la fille, la fille se rebeller et tuer la mère ? Le grand-père va-t-il tuer la mère ? Ou l’inverse ? Ou un carnage général ?….

J’imaginais un lien s’établir avec l’aquarium, j’imaginais déjà une noyade dans un bassin ou dans le bain…

Et bien non, David Vann est reparti dans son récit de départ, et nous offre un dénouement bien lisse et conventionné. J’aime bien les happy ending mais seulement quand ils sont mérités. Et comme je ne me suis pas attachée aux personnages, je n’avais pas envie de happy ending.


 

Je ne peux tout de même pas critiquer le style de l’auteur et cela malgré la traduction française d’une qualité bien supérieure à ce que je peux lire par ailleurs. Je ne peux ainsi pas comparer la narration de Barbara Abel et celle de David Vann.

L’eau reste un élément fondamental du récit puisque c’est dans l’eau du bain qu’elle va connaître l’ire de sa mère et c’est dans un bain que sa relation avec Shalini, sa petite copine, va être découverte de sa mère.

Nous n’avions pas de famille. Absolument personne. À l’école, tout le monde avait une famille. Ils n’avaient pas de père, pour la plupart, mais ils avaient des oncles, des tantes, des grands-parents et des cousins. Et presque tous les poissons évoluaient par paires, voire davantage. Bien qu’en y repensant, la majorité des poissons de l’aquarium n’évoluaient que par deux, parfois même seuls, comment était-ce possible? Ce n’était sans doute pas le cas dans l’océan.

Les +

  • Des scènes d’une violence inouïe qui font passer Barbara Abel et Karine Giebel pour des enfants de cœur ;
  • La narration originale (dialogues intégrés directement à la narration) ;
  • La poésie inhérente au discours ;
  • La belle édition du livre.

Les –

  • Les descriptions des poissons qui m’ont ennuyée surtout que cela a peu de rapport avec l’histoire ;
  • La fin qui, sans spoiler, n’est pas ce qu’on attend, trop conventionnée pour moi ;
  • Peu d’attachements aux personnages, ni Caitlin, ni Sheri, ni le mystérieux homme de l’aquarium, je crois que je préfère encore le prof de Caitlin ou Steeve, le boyfriend de Sheri, c’est dire…
  • L’histoire d’amour homosexuelle de Caitlin m’a surprise mais ne m’a pas émue du tout.

En bref

Une bonne lecture, surtout au milieu (de la page 139 à la page 193) qui fait de ce livre une vraie claque bien glauque, surtout que le style de l’auteur ne nous laisse pas imaginer ces scènes. Malheureusement le début et la fin ne m’ont pas du tout convaincue.

Ma note

14/20 (pour la claque du milieu)

 

 

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Auteur :

Enseignante et curieuse culturelle.

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