Publié dans 17-18-19/20, 2017, Nan Aurousseau, Roman noir

Des coccinelles dans des noyaux de cerise – Nan Aurousseau

9782283029633

Fiché d’identité

  • Titre: Des coccinelles dans des noyaux de cerise
  • Auteur: Nan Aurousseau
  • Date: Janvier 2017
  • Genre: Roman noir 
  • Pages: 220
  • Langue: Française
  • Maison d’éditions: Buchet-Chastel

Résumé

À Fresnes, où il fait un séjour pour vol avec ruse, François partage sa cellule avec Medhi, un cador du grand banditisme. Ce Medhi, c’est du méga lourd. D’ailleurs, il ignore superbement François qui, de son côté, joue les serviteurs zélés. Au fil des semaines, les intentions de François vont se révéler…

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir. Au début, je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce bouquin. Je ne connaissais pas du tout l’auteur. Puis, j’ai vu sur la quatrième de couverture que l’histoire traite du milieu carcéral – que j’apprécie moyennement – et du banditisme – moi qui déteste ce qui ressemble de près ou de loin à la mafia. Pourtant, le titre était assez intrigant pour me donner une irrésistible envie de me plonger dedans. Me voilà donc ouvrir ce livre avec un avis mitigé. Délit de faciès.

Maintenant que j’ai terminé le bouquin, lu en une petite soirée et pendant une heure de libre entre deux heures de cours de géographie au collège, je peux vous dire que j’ai adoré ma lecture.  Je vais vous expliquer pourquoi.

D’abord, j’ai adoré le style d’écriture de l’auteur. L’histoire est racontée du point de vue de François, le personnage principal. La narration est divine. J’ai aimé cette façon très simple de s’exprimer, ce franc parler populaire. Et en même temps j’ai apprécié ces petits moments philosophiques très savoureux. Je vous cite un passage que j’ai beaucoup aimé et si vous aimez également, vous devez lire ce livre car il en est truffé:

« J’ai une montre à laquelle je tiens beaucoup. Elle s’est arrêtée le jour de ma naissance. Vous pouvez y croire vous à des choses comme ça? Eh bien pourtant c’est vrai. Dix heures vingt-sept pile poil. J’en revenais pas. Du coup je l’ai gardé comme ça. C’est bien d’avoir toujours la même heure, c’est moins angoissant que quand ça change tout le temps. Moi ce que j’aimerais c’est que rien ne change jamais. S’il pouvait être par exemple tout le temps midi avec un grand soleil, ou même dix heures dix, onze heures vingt pourquoi pas mais que ça change jamais. C’est peut-être ça le paradis je me dis des fois quand j’y pense, la même heure éternellement. Si j’en étais sûr je me suiciderais tout de suite mais comme on est jamais sûr de rien dans cette putain de vie à la con eh bien on continue de mourir lentement. C’est vicieux pour ça la vie, ça vous tient comme une carotte qui n’existerait pas, un leurre. Moi je trouve qu’on est comme des trous, des tuyaux, des tout-à-l’égout du temps qui passe. Le temps il en a rien à cirer de nous autres, il vieillit jamais lui. C’est pour ça que je garde ma montre cassée, je l’emmerde le temps qui passe au fond. » – Pages 141-142

J’ai aimé le ton du livre, le roman noir qui s’exprime sans pudeur, ça va loin et je rajouterais même qu’il y a une ascension délicieuse de l’obscène. Je n’ai jamais ressenti un quelconque esprit moralisateur dans le livre et c’est ce que je préfère dans les romans noirs. Du noir, du vrai. Pas du noir avec les sous-titres. 

De plus, j’ai aimé le fait qu’on adore le personnage principal. Personnellement, du début à la fin j’étais à 100% de son côté. Le petit bandit qui rate sa vie mais qui dans le fond a bien raison. Et les pages se succédant, on comprend qu’il est de plus en plus difficile d’apprécier ce personnage pas si sympa et innocent. Rien n’y fait, même dans le pire, j’ai adoré le protagoniste. Et le roman noir est réussi car il brise les tabous, même un des pires, celui de n’avoir plus aucune morale.

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je ne veux pas vous en dire trop et vous empêcher d’aller le lire aussi. Je l’ai sûrement aimé parce que je ne l’attendais pas. Peut-être également qu’en le défendant vous allez être déçus. Peut-être d’ailleurs que je serai déçue en lisant un autre ouvrage de l’auteur. Toujours est-il que celui-là, je l’ai dévoré. 

Les +

  • Le titre du livre.
  • Le style de l’auteur.
  • L’humour du protagoniste.
  • Le personnage principal que j’adore (je sais c’est terrible…).
  • La révélation du projet.
  • Le twist final.

Les –

  • C’était tellement bon que j’en aurais voulu un peu plus.

En bref

Un roman noir monstrueux.

Une énorme claque pour ce bouquin, j’ai adoré du début à la fin!

Ma note

19/20

Merci à Babelio, Masse Critique et les éditions Buchet Chastel pour m’avoir fait découvrir cette pépite!

 

Publicités

Auteur :

Enseignante et curieuse culturelle.

4 commentaires sur « Des coccinelles dans des noyaux de cerise – Nan Aurousseau »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s