17-18-19/20, Années 2010, Historique, Pierre Lemaître

Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre

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  • Titre: Au Revoir Là-Haut 
  • Auteur: Pierre Lemaitre
  • Date de publication: 2013 
  • Langue française
  • 620 pages
  • Genre : Historique 
  • Maison d’édition: Le Livre de Poche

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Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

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Quelle sensation satisfaisante d’avoir terminé ce roman. On se tournait autour depuis des années et je l’avais même sorti de ma pile à lire car ce livre me faisait peur. Trop long, trop barbant, j’en étais persuadée… Et puis, de longs trajets en voiture et un seul livre audio disponible… Celui-là. Allez, on se lance dans les 16h d’écoute. Livre lu par l’auteur lui-même ! Alors, bilan ? Cette histoire n’est pas un énorme coup de coeur mais la qualité du travail proposé par Pierre Lemaitre est telle que je pense que ce livre restera longtemps gravé dans ma tête. Je comprends mieux le Prix Goncourt.

Quand la petite histoire rejoint la grande… 

J’ai aimé le contexte historique, la Première Guerre mondiale mais surtout les années qui suivent et ses conséquences. Parce que cette guerre, c’est surtout en moyenne 700 soldats français morts par jour pendant quatre ans, et trois fois plus de blessés. Ce sont des hommes qui ont quitté leur famille et leurs terres, parfois très lointaines, pour défendre l’intégrité d’une nation envahie. Ce sont de longues journées où l’ennui et l’attente côtoient l’assaut et la cruauté des armes. Ce sont des hommes, comme Édouard Péricourt, qui dessinent sur des carnets pour tuer le temps, des hommes, comme Albert Maillard, qui communiquent par lettres avec leurs familles, plusieurs millions de lettres en franchise militaire furent expédiées quotidiennement en France. Et puis, c’est l’entraide, la fraternité des soldats qui se serrent les coudes dans la promiscuité des tranchées. Quelle ironie du sort, le récit débute début novembre 1918, si près de l’Armistice. Que deviennent les soldats après la guerre? Comment se reconstruire quand on est un ancien poilu? Quel devoir de mémoire pour les victimes? Au coeur du récit, le traumatisme de la guerre, la gueule cassée d’Édouard et l’extrême dévouement d’Albert, les injustices subies pendant et après les tranchées et les vengeances contre l’État, l’immoralité de « jouer » avec les morts et puis le début des années folles qui ont cru pouvoir tourner le dos aux horreurs de la guerre.

Des personnages bien écrits

Je dois souligner la qualité des personnages inventés par Pierre Lemaitre, tous. Leur densité, leur originalité, la façon touchante de les dépeindre. Je ne pouvais pas ne pas me sentir proche d’eux (Madeleine, M. Péricourt…) et de détester les méchants comme si on y était…  Ne me parlez pas de Pradelle ! L’histoire est terriblement bien amené et nous fait questionner sur notre propre morale. L’ensemble n’est pas très gai – cimetières, cadavres, tombes, cercueils – mais cela vaut le coup, promis.

L’adaptation cinématographique

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J’ai visionné le film peu de temps après ma lecture et j’ai globalement été déçue. J’ai trouvé que les péripéties sont amenées trop rapidement donnant l’impression d’une mise en place très superficielle. Le choix des acteurs aussi, Dupontel aurait pu réaliser le film sans jouer le rôle d’Albert Maillard… Un peu frustrée par certains personnages peu développés et par la fin qui parait plus satisfaisante sur le coup dans le film mais qui dévie totalement du livre et de l’esprit de l’auteur. J’ai quand même apprécié certaines scènes notamment le début dans les tranchées et j’ai aimé voir la poésie des masques d’Édouard à l’écran.

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18/20

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1 réflexion au sujet de “Au revoir là-haut – Pierre Lemaitre”

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